L’analyse du cycle de vie, miroir de l’empreinte environnementale globale des produits cosmétiques

Le salon ALL4PACK Emballage Paris a eu l’honneur de recevoir des pontes de l’industrie cosmétique en conférence. Au programme, échanges sur les perspectives d’avenir du packaging cosmétique, recyclabilité, outil collaboratif et analyse du cycle de vie des emballages du marché.

L’analyse du cycle de vie (ACV) met en lumière l’éco-conception des produits, reflet de l’empreinte environnementale globale du couple produit-emballage. Au sein de l’espace Conférences, les experts ont centré le débat sur l’accélération de la transition vers le packaging cosmétique durable, avec une étude de l’impact environnemental du marché en toile de fond.

Analyse du cycle de vie et collaboration des acteurs du secteur des cosmétiques

Une conférence au sommet qui a réuni L’Oréal, Quantis et Albea autour d’une même table ronde, afin de partager les enseignements communs de SPICE (Sustainable Packaging Initiative for Cosmetics).

Cet outil méthodologique pour tous les cosmétiques, co-fondé par L’Oréal et Quantis en 2018, se définit comme une initiative précompétitive, une collaboration active vers la transformation durable des emballages de l’industrie cosmétique.

Les échanges entres ces partenaires se sont donc naturellement orientés vers l’impact longue portée de l’analyse du cycle de vie, grâce à cette approche collaborative pré-concurrentielle.

“Façonner collectivement l’avenir de l’emballage durable”

Philippe Bonningue, Responsable packaging & circular economy stewardship chez L’Oréal, a ouvert le débat sans concession, en plaçant l’impact environnemental au cœur des préoccupations du groupe : “L’empreinte de notre packaging est un vrai sujet”.

La multinationale, réputée dans l’univers des cosmétiques pour son éthique, possède à son actif :
– Environ 50 marques cosmétiques.
– Dont 35 marques internationales.
– Et 8 canaux de distribution spécialisés : parfumeries, salons de coiffure, magasins ou grandes surfaces, e-commerce, etc.

Pour un groupe fort d’un total de 6 milliards de produits vendus par an. L’Oréal “aide ces 50 marques sur leur parcours de sustainability avec un éco-design process, qui a été imaginé en 2007 […] selon les 3R : Reduce, Replace, Recycle”.

Un éco-design accéléré par 2 programmes clés, en terme de sustainability, qui touchent tous les domaines et secteurs d’activité du groupe L’Oréal :

  • The Sharing Beauty with All, qui a couvert les années 2013 à 2020 : un premier programme pour lequel L’Oréal avait pris 2 engagements majeurs :
    – “100% des nouveaux produits mis sur le marché auraient un profil environnemental ou sociétal amélioré”.
    – Et la communication transparente permettrait à l’ensemble des consommateurs de faire des choix plus durables.
  • L’Oréal for the Future, un programme contemporain inscrit dans les années 2020 à 2030, et qui touche à la fois à la biodiversité et aux changements climatiques, mais aussi aux enjeux du cycle de vie et aux ressources.


Le représentant de L’Oréal rappelait également que “si on veut améliorer, il faut mesurer. Et si on veut communiquer, il faut avoir mesuré”.


Sachant qu’à l’époque, aucun outil suffisamment robuste et basé sur la science ne permettait d’atteindre pertinemment cette ambition, à savoir permettre aux nouveaux acteurs du marché de connaître les leviers sur lesquels ils pouvaient jouer pour améliorer leur empreinte environnementale.

Il s’agissait ici de proposer un outil collaboratif, capable d’intégrer la routine du packaging, comme du marketing ou manufacturing, mais aussi l’expérience du consommateur, comme la fin du cycle de vie du couple produit-emballage.

Né de l’expertise du groupe L’Oréal en association avec Quantis, SPICE propose un seul score, indicateur de l’empreinte globale du produit, et valable pour tous les cosmétiques sur le marché. Avec, pour objectif, une méthodologie commune à l’ensemble de l’écosystème, afin d’œuvrer vers une maîtrise de l’empreinte environnementale globale du marché.

Analyse du cycle de vie et harmonisation du marché des cosmétiques

Victor Frontere, Senior sustainability consultant et Project manager de SPICE pour la société Quantis, expliquait que l’objectif de SPICE avait été mené par l’idée première d’embarquer toute l’industrie des cosmétiques dans son sillon : marques de produits et emballages, metteurs en marché, fournisseurs ou membres associés.

Pour co-construire cette méthodologie sur la base d’un outil commun, la diversité des participants était essentielle : au niveau du secteur d’activité (fournisseurs, marques, etc.) mais aussi d’un point de vue géographique (Etats-Unis, Asie ou Amérique du Sud), ou encore en terme de gamme de produits (mass market ou luxe).

“Il n’y avait pas d’initiative harmonisée”, raison pour laquelle l’outil Spice Tool s’est fondé sur le principe fondateur de l’harmonisation comme pierre angulaire de la collaboration de ses acteurs disparates. Un principe qui regroupe l’essence même de l’outil, en terme d’harmonisation de :

  • Compréhension.
  • Méthodologie.
  • Base de données.

Avec pour but de “créer un langage commun pour tous les acteurs de la chaîne de valeur cosmétique”, d’après le représentant de Quantis.

Un outil qui respecte les recommandations de la Commission Européenne
(Product environmental Footprint) et rassemble des bases de données communes, un procédé de décoration essentiel au marché et un outil web intuitif.

Pour faciliter la prise de décision, le but est de rassembler en un seul score unique l’évaluation des 16 facteurs environnementaux. Une méthodologie green, afin d’œuvrer main dans la main vers un packaging cosmétique durable, qui vise à minimiser l’empreinte environnementale globale de l’industrie cosmétique.

SPICE est un outil public et sous licence pour les professionnels, dont toutes les informations sont disponibles en open source sur le site : guidelines sur la recyclabilité du packaging cosmétique, analyse du cycle de vie, complexité de l’univers de l’emballage cosmétique, bonnes et mauvaises pratiques environnementales, etc.

SPICE, outil ouvert et fédérateur à l’approche green collaborative, s’impose comme une référence pour les divers acteurs de l’écosystème des cosmétiques.

L’avenir du cycle de vie entre les mains de l’écosystème de l’univers cosmétiques

Gilles Swingedauw, Responsable innovation & sustainability et vice-president de la société Albea, est un fervent défenseur de la démarche. Cette approche méthodologique vise un langage commun et des pratiques green uniformisées.

Albea est un fabriquant d’emballages cosmétiques (maquillage et soins), dont une partie de l’activité est dédiée aux produits du secteur pharmaceutique et alimentaire. Une société française dont “quelques personnes visionnaires ont monté un outil spécifique à l’emballage sur les annexes du cycle de vie, qui incluait une partie environnementale et une partie sociale”.

Process de fabrication, emballages, annexes sur l’analyse du cycle de vie (ACV), Albea a appris a gérer tous les aspects de l’empreinte environnementale.

Aujourd’hui forte de 40 sites dans le monde et s’appuyant sur 12 500 collaborateurs, la société a été particulièrement avant-gardiste en terme d’analyses des cycles de vie, recyclabilité et circularité des emballages. Parmi les principes au cœur de l’analyse du cycle de vie chez Albea, la règle d’or tend à considérer qu’un nouveau produit ne peut être plus impactant au niveau environnemental que ses prédécesseurs. Un axiome pour le groupe Albéa qui permet ainsi de favoriser une approche durable perpétuelle.

Pour conclure, la co-fondation de l’outil SPICE par les sociétés L’Oréal et Quantis a permis de fédérer les acteurs du marché, de faciliter l’harmonisation de l’analyse du cycle de vie comme des bonnes pratiques vers une empreinte environnementale globale maîtrisée.

Les solutions pérennes qui voient le jour sont le fruit de collaborations entre marques et fournisseurs, avec la direction commune du recyclage.

Face à la réalité d’un packaging cosmétique qui n’est pas biodégradable, c’est l’ensemble de l’écosystème du marché beauté et hygiène qui doit œuvrer dans une démarche pré-concurrentielle grâce à un score unique (semblable au nutriscore dans le domaine alimentaire) qui remplit les conditions européennes en matière d’empreinte carbone : la composition du packaging cosmétique est plus transparente autant pour les metteurs en marché que les consommateurs.

Un outil qui prouve, une fois de plus, que seul l’engagement collectif des acteurs du marché favorise une action contre les enjeux environnementaux de l’univers de l’emballage, grâce à une analyse du cycle de vie pertinente, aux critères uniformisés sous l’égide des recommandations de la Commission Européenne.

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